Mortelle étreinte
Incandescente floraison, de cramoisi en éclats d’or,
Mortelle étreinte : embrase la Terre de ton aurore,
Soufflant ton Char flamboyant sur ses arpents…
Bois dépouillés des arbraisons aux chants du Vent,
Pointent les Cieux, graciles, tordus et déchirants,
S’alanguissant sous ce baiser qui les consume…
Les eaux limpides, que couvrira bientôt la brume,
Miroitent encore la course folle des feuillaisons
Soufflées aux vents, avant qu’au sol, elles ne sombrent…
L’air cristallin cisaille la roche ensorcelée,
Où les racines des effeuillés sont enchaînées
Griffant la tourbe craquelée de leurs doigts gourds…
Aux yeux voilés des Endormis, s’éteint Nature…
Bien que déjà germes d’avenir palpitants
S’esquissent frêles, gonflés de Vie et bouillonnants…